Christian Cuxac

ccuxac [at] club-internet.fr
Fonction : 
Professeur
Équipe de rattachement : 
Langues des Signes et Gestualité (LSG)
Thèmes de recherche : 

Ma thèse d’Etat, soutenue en 1996 se présentait comme une description globale et originale de la langue des signes française où l’iconicité jouait le rôle de voie d’analyse des fonctions et des structures de cette langue. L’examen plus poussé de l’iconicité d’image avait abouti à définir des opérations cognitives de « transfert » et leurs effets tangibles que sont les structures de grande iconicité. Aujourd’hui, en France, des termes tels que « transferts de formes », transferts situationnels », « transferts personnels », « doubles transferts »..., sont entrés dans le vocabulaire courant des jeunes linguistes travaillant sur la langue des signes française, des interprètes en LSF, des locuteurs sourds, et plusieurs collègues étrangers commencent à intégrer le modèle que j’ai conçu. En 2000, je publiais un ouvrage intitulé « La langue des signes française : les voies de l’iconicité » qui mettait l’accent sur la sémiogenèse de toutes les langues des signes pratiquées dans le monde selon un scénario de constitution historique identique, apportant par là même une dimension explicative à la raison d’être de l’iconicité présente dans ces langues.

Trois problématiques s’inscrivant dans le prolongement de mes recherches antérieures animent mes recherches actuelles :

  • Dresser une typologie de l’iconicité

J’ai pu dégager trois types différents d’iconicité en langue des signes française (Cuxac , 2003 (c)). Une iconicité d’image qui caractérise essentiellement les productions narratives, lorsque les locuteurs adoptent comme stratégie d’illustrer, de donner à voir tout en disant. Ce type d’iconicité est de loin celui que j’ai le plus étudié. Un second type est une iconicité diagrammatique qui affecte les relations syntaxiques (spatiales) entre unités lexicales et a déjà fait l’objet de différentes recherches sur la langue des signes française. Le troisième type sur lequel beaucoup de choses restent à découvrir caractérise l’iconicité que j’ai appelée « dégénérée » du lexique standardisé de la LSF. Une partie du projet CREAGEST (cf. ci-dessus) est consacrée à ce problème et à la caractérisation compositionnelle interne d’éléments constitutifs de ce lexique standardisé.

  • Quel statut accorder aux éléments qui composent le lexique ?

La nature « morphémique » de ces éléments internes est une question en friche sur laquelle je n’ai fait que commencer à me pencher et qui peut déboucher sur une remise en question de l’organisation des dictionnaires actuels de langues des signes. La nature morphémique (et en particulier morphémique-iconique) de ces éléments compositionnels est une hypothèse vraisemblable - qui reste toutefois à démontrer- qui, si elle s’avère exacte, débouche sur une question cruciale concernant le statut « phonologique » de ces mêmes éléments (Cuxac, 2004 (c)). En clair, est-il légitime de poser une organisation « phonologique » des langues des signes ? Si la réponse est non, -sauf à considérer que les langues des signes ne sont pas pleinement des langues, on en mesure toutes les retombées quant à l’épistémologie d’une linguistique fondant en partie le statut de langue sur la double articulation.

  • Gestualité co-verbale et langues des signes

Certaines productions en gestuelle co-verbale présentent un air de famille avec des structures propres aux langues des signes ; c’est par exemple le cas des gestes illustrateurs et des structures de grande iconicité des LS (transferts de forme, situationnels, personnels). Selon l’hypothèse de A. Kendon, les uns et les autres se situent à différents degrés d’un continuum. De toute façon, que l’on soit pour l’hypothèse du continuum ou pour l’hypothèse contraire de la rupture qui défend l’idée que ces éléments très iconiques présents dans les langues des signes ne sont pas des éléments verbaux et de ce fait ne font pas partie de la langue, une question reste posée : quels sont les éléments co-verbaux des langues des signes, et même, y en a-t-il ? Une voie de recherche passionnante et qui selon moi devrait permettre d’apporter quelques réponses revient à poser la question e la pertinence de la surdité (le fait de ne pas entendre) quant à l’organisation en profondeur des langues des signes. A savoir que la surdité ne se traduit pas seulement par un changement compensatoire de canal, mais a entraîné l’impossibilité d’utiliser en parallèle deux modalités ainsi que cela se passe chez les entendants où la voie audio-phonatoire s’est spécialisée dans le dire et la voie visuo-gestuelle plutôt dans l’illustration (Cuxac, à paraître, (a) et (b)). Le fait de ne pouvoir utiliser qu’une seule voie pour ces deux intentionnalités sémiotiques distinctes, n’a-t-il pas donné lieu à des capacités cognitives non ou peu exploitées dans le monde des entendants, allant jusqu’à rendre verbal l’univers neural de l’imagerie ? Ces thématiques s’intègrent, soit transversalement, soit comme sous-projet, dans le projet d’équipes CREAGEST, attribué par l’ANR, et dont j’assure la responsabilité scientifique

Enseignements : 

Service statutaire à l’Université Paris 8 (depuis 1998)

Création et responsabilité pédagogique de différents diplômes et parcours de diplômes dans le cadre de l’UFR Sciences du langage de l’Université Paris 8 :

Diplomes et parcours de diplomes en formation initiale

  • Depuis 1998 : spécialisation « langue des signes française (LSF) » en licence sciences du langage
  • De 2000 à 2006 : option « langue des signes française (LSF) » en maîtrise sciences du langage.
  • Depuis 2004 : licence professionnelle intitulée « enseignement de la langue des signes française en milieu scolaire » (formation initiale et formation continue) en partenariat avec l’INS HEA (Institut national supérieur de formation et de recherche pour l’éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés) et l’association « Visuel ».
  • Depuis 2005 : parcours « langue des signes française » dans le cadre du master recherche sciences du langage, spécialité « linguistique théorique et descriptive » de même qu’un parcours « langue des signes française » dans le cadre du master recherche et professionnel sciences du langage spécialité « didactique des langues »
  • Depuis 2006 : Master (M1 et M2) sciences du langage spécialité « interprétariat en langue des signes », en partenariat avec l’association « Serac », diplôme co-habilité avec l’université de Rouen.

Enseignement en formation initiale

  • Depuis 1998, différents enseignements (EC) qui s’inscrivent dans un cursus allant de la L1 SDL à un séminaire de M2 et de doctorat : enseignementc consacrés à l’histoire et aux structures de la langue des signes française (HSLSF, niveaux 1 à 5) ;
  • depuis 2006 - enseignement consacré à la typologie des langues des signes en L2 et L3 de sciences du langage.

En formation continue

Divers enseignements assurés en linguistique appliquée à la langue des signes française. Ces formations sont les suivantes dans l’ordre chronologique de leur mise en place :

  • Depuis 1999 : diplôme de premier cycle universitaire (DPCU) d’ « enseignement de la langue des signes Langue 2 » en partenariat avec l’association « Visuel ».
  • De 2000 à 2006 : diplôme de formation supérieure spécialisée d’université (DFSSU) d’ « interprétariat langue des signes française/français » en partenariat avec l’association « Serac ».
  • Depuis 2005 : DU « Pratique approfondie de la langue des signes française » en partenariat avec l’association « Visuel ».
  • Depuis 2006, DESU « professionnel bilingue LSF/français », préparatoire au master d’interprétariat, en partenariat avec l’association « Serac ».
Responsabilités: 

Université Paris 8

  • Membre du Conseil et du Bureau de l’UFR Sciences du langage depuis janvier 2007.
  • Membre de la Commission Paritaire d’Etablissement (Université Paris 8) depuis janvier 2006.
  • Administrateur provisoire de la SAT (structure autonome transitoire) Sciences du langage de juillet 2005 à décembre 2006.
  • Membre titulaire de la Commission de Spécialistes (sciences du langage 7ème section) depuis 2002
  • Responsable de deux formations habilitées : 1) licence professionnelle d’ « enseignement de la langue des signes en milieu scolaire », ouverte en 2004 en partenariat avec le CNEFEI (Centre national d’études et de formation pour l’enfance inadaptée) et l’association VISUELS. 2) Master professionnel d’ « interprétariat en langue des signes », co-habilité avec l’université de Rouen, ouverture en 2006 ;
  • Responsable administratif et scientifique dans le cadre de la Formation Permanente Paris 8 d’un DFSSU d’ « Interprétariat en langue des signes/français » en collaboration avec l’Association SERAC (une promotion de quinze stagiaires par an depuis octobre 1999, durée de la formation 990 heures), et d’un DPCU d’Enseignement de la Langue des Signes en collaboration avec l’association VISUELS
  • Responsable administratif et pédagogique de la Section LSF de la SAT Sciences du Langage (1998-2005).
  • Membre suppléant de la Commission de Spécialistes (7ème section), 1998 - 2002
  • Membre du Conseil de l’UFR 06 (1998-2000)

Université Paris V

  • Coordinateur de la Maîtrise de sciences du langage de 1994 à 1997.
  • Membre de la Commission d’accueil des étudiants handicapés 1994-98.
  • Membre de la Commission des équivalences et responsable des équivalences 1er Cycle 1987-1998.
  • Membre de la Commission de spécialistes (Collège B) de l’UFR de linguistique de 1989 à 1995.
  • Membre du Conseil d’UFR puis du Conseil de Département (1990-1998).
  • De 1982 à 1988, membre du Conseil scientifique de L’UFR de linguistique (Collège C).

Autres

  • Responsable du groupe de travail « Enseignement » chargé par le Ministère de l’Education nationale de la mise en œuvre de la loi du 11 février 2005 relative aux jeunes sourds, 2007.
  • Membre du groupe d’experts nommés par le Ministère de l’Education Nationale pour la mise en œuvre de la loi du 11 février 2005 relative aux jeunes sourds, 2006.
  • Membre de la Commission de spécialistes (7ème section) de l’Université de Poitiers depuis 2005.
  • Membre du Conseil scientifique du Comité d’évaluation du LIMSI-CNRS, 1998.
Projets: 
  • Responsable scientifique du projet « Réalisation de corpus de données visuelles pour l’analyse des processus de création d’unités gestuelles (LSF et gestualité naturelle) », CREAGEST, attribué par l’ANR dans le cadre du Programme Thématique Sciences Humaines et Sociales « Corpus et outils de la recherche en sciences humaines et sociales » 2007-2011.
  • Depuis 2004, responsable français pour le CNRS d’un projet de recherche en collaboration avec le CNR (responsable italien : Elena Pizzuto) dans le cadre des programmes d’échanges internationaux du CNRS visant à comparer langue des signes française et langue des signes italiennes et à croiser nos données.
  • Participation au projet STIC « Langue des signes » sous la responsabilité de J. M. Toulotte et S. Gibet visant à la création d’un avatar signant en LSF (à partir de 2004)
  • Co-responsable (avec Patrice Dalle, IRIT Toulouse) d’une action spécifique « Interaction gestuelle » du département STIC du CNRS intitulée « Étude et développement de la communication homme-machine visuo-gestuelle », devenue équipe projet à partir de décembre 2003.
  • Responsable scientifique et administratif d’un projet intitulé : "Les langues des signes : analyseurs privilégiés de la faculté de langage..." en partenariat avec le LIMSI (Orsay) et l’IRIT (Toulouse) et l’Université Paris IV, projet s’inscrivant dans le cadre du thème "Langage et Cognition" de l’Action Incitative ’Cognitique 2000’ du Ministère de la Recherche.
  • De 1991 à 2000, dans le cadre du LIMSI-CNRS, participation active (plusieurs interventions) au Groupe de travail « Le geste de communication », supporté par le pôle Paris-Sud Cognisciences. Réalisation d’un Document de Travail (cassette vidéo) intitulé : « Relations temporelles et aspectuelles en Langue des Signes Française ».
  • Rapport de recherche concernant l’éducation des enfants sourds, intitulé : « Intégration ou éducation spécialisée : un faux problème », 1981, 76 pages URA 1031, ligne budgétaire de l’université « Rénovation Pédagogique ».
  • De 1980 à 1982, m’a été confiée par Monsieur Dessaint, alors Directeur de l’INJS de Paris, à raison de 20 heures de vacations hebdomadaires, la responsabilité du Département « Langues et Recherches Linguistiques » du Laboratoire de Pédagogie de l’INJS de Paris dans le cadre de la mise en place d’une filière d’éducation bilingue pour les élèves sourds de l’INJS.
  • Participation à un groupe d’étude sur « le langage mimo-gestuel dans l’éducation des déficients auditifs » organisé par le CTNERHI en 1977-78.
Publications représentatives : 

Voir en ligne.