[UMR] Maximilien Guérin (Sorbonne Nouvelle, U. Paris-3)

Date: 
Lundi 10 Octobre 2016 - 10:00 à 12:00
Lieu détaillé: 

Salle 159

Description: 

Les marqueurs prédicatifs en wolof : analyse et enjeux typologiques

La conjugaison du wolof est essentiellement analytique. Ainsi, contrairement à ce que l'on observe dans un très grand nombre de langues, en wolof la majeure partie des catégories verbales (TAM) est exprimée par des constructions périphrastiques. La majorité de ces constructions périphrastiques s'articule autour d'un mot spécifique que nous appelons « marqueur prédicatif » (MP). Il s'agit d'un élément prédicatif dénué de sens lexical, mais portant la majorité des informations grammaticales. Si la question du statut lexical ou syntaxique de certaines constructions à MP du wolof a été évoquée par plusieurs auteurs, le statut de l'ensemble de ces constructions n'a presque jamais été explicitement traité.

Nous commencerons par étudier les propriétés syntaxiques, morphologiques et sémantiques des MP en wolof. Nous montrerons que ces constructions doivent être analysées comme des constructions périphrastiques et non comme des constructions synthétiques. Pour ce faire, nous utiliserons plusieurs types de critères (Haspelmath 2011 ; Zwicky & Pullum 1983) : phonologiques, morphologiques et sémantiques.

Dans un second temps, nous proposerons une typologie générale des marqueurs prédicatifs, en nous appuyant sur la typologie proposée par Mous (2005) pour les langues couchitiques. Les marqueurs prédicatifs ne sont pas attestés uniquement en wolof. En effet, ils sont attestés dans un assez grand nombre de langues, notamment africaines. Malgré cet état de fait, il n'existe pas, à notre connaissance, de typologie générale pour ce type de marqueurs.

Nous présentons une ébauche de typologie basée sur un nombre restreint de langues : wolof (atlantique-nord), joola banjal (atlantique-centre), mandinka (mandingue, mandé-ouest), mano (mandé-sud), yorùbá (défoïde), koyra chiini (songhay, nilo-saharien), somali (couchitique), tahitien (malayo-polynésien), cap-verdien et casamançais (créoles afroportugais), haïtien (créole français) et aku (créole anglais). D'une langue à l'autre, les marqueurs prédicatifs ont des formes, fonctions et origines assez variables. La comparaison des marqueurs prédicatifs de ces langues nous permet de proposer une typologie permettant de rendre compte de cette diversité.