16h00
Salle 159 + lien visionumérique : https://visio.numerique.gouv.fr/xhl-skzi-ogl
Lucie Garcia à 14h
Acceptabilité, cohérence et généricité du langage inclusif : Étude expérimentale franco-italienne sur l’accord du pluriel
Cette étude examine comment différentes stratégies d'écriture inclusive sont perçues et acceptées en français et en italien. Elle compare des noms pluriels au féminin, masculin, de formes neutralisées (point médian, schwa) ou des noms collectifs appliqués à des référents de genres variés. Un questionnaire sur les attitudes des participant·es permettra de mieux interpréter les résultats. L'objectif principal est de comparer les systèmes morphologiques de genre des deux langues et d’identifier les contraintes structurelles et les attitudes individuelles influençant la perception et le traitement des formes inclusives.
Cyril Liénardy de 14h30 à 15h30
Stratégies d'oralisation des formes contractées inclusives en français : premiers résultats empiriques
Depuis l'automne 2017, les formes contractées inclusives – p. ex. étudiant·e, agriculteur·trice, chanteur·euse – suscitent d'intenses débats dans l'espace francophone. Régulièrement qualifiées d'illisibles à l'écrit et d'imprononçables à l'oral – ce qui relèverait selon leurs détracteurs et détractrices de la « double peine » – elles sont défendues par les guides de rédaction inclusives comme de simples abréviations graphiques appelées à être redéployées oralement en doublet complet. Plusieurs études empiriques ont depuis documenté les coûts de traitement associés à leur lecture silencieuse, mais aucune n'a, à notre connaissance, étudié expérimentalement la manière dont ces formes sont lues à voix haute. Cette communication présente les premiers résultats d'une étude portant sur les stratégies d'oralisation adoptées par des locuteurs et locutrices francophones. L'étude comprend deux expériences couvrant cinq types de suffixes : la première porte sur les formes en ·es (étudiant·es), ·nes (comédien·nes, doyen·nes) et ·trices/·rices (instituteur·trices vs instituteur·rices) ; la seconde porte sur les formes en ·euses/·ses (coiffeur·euses vs coiffeur·ses) et ·ières/·ères (infirmier·ières vs infirmier·ères). L'étude cherche à voir dans quelle mesure le type de suffixe, le type de coupe graphique pour certains d’entre eux – et la séquence phonologique qu'elle produit à la jonction entre base masculine et suffixe féminin – oriente les stratégies adoptées. Les données présentées portent sur un sous-échantillon de 40 participantes et participants (sur 114), le codage et le traitement étant en cours. Les premiers résultats montrent que si le redéploiement en doublet complet est observé (les coiffeurs et les coiffeuses), il est loin d'être la seule stratégie. D'autres stratégies ressortent en effet de façon consistante : lectures fusionnées avec ou sans adaptation phonologique – p. ex. face à coiffeur·ses, certains participants produisent coiffeureuses plutôt que de tenter la jonction /ʁz/ –, productions segmentées marquant prosodiquement le point médian (plongeurs… EUSES), et lectures non inclusives (lecture masculine seule, les coiffeurs ; ou lecture féminine seule les coiffeuses).