Atelier de Phonologie - Antoine Heintzmann - 13 mai

13
mai.
2026.
10h00
12h00
Le onbin dans les langues japoniques: considérations comparatives et morpho-phonologiques

en ligne

"Le onbin dans les langues japoniques: considérations comparatives et morpho-phonologiques"
 
Antoine Heintzmann (Université Paris 8, CNRS SFL, UNiversité de Lyon)
 
Le japonais (métropolitain) a subi à l'aube du X° siècle une série de réductions syllabiques désignées sous le nom de "onbin (音便)" consistant en la contraction de syllabes légères CV en un segment unique (Frellesvig 1995, 2010). Ces changements vont venir non seulement enrichir l'inventaire phonémique de la langue japonaise mais également venir bouleverser en profondeur le régime de structuration gabaritique de la langue, qui va passer d'une structure fondée sur la syllabe à une structure fondée sur la more (Labrune 2012, Kubozono 2016). Même en synchronie, ce phénomène prend une place prépondérante dans l'interface morpho-phonologique de la langue, où cohabitent au sein de la morphologie verbale les versions "pleines" et "réduites" de certains radicaux; la seconde intervenant notamment dans la construction de la forme passée et d'une forme participiale surnommée "forme en -TE (テ形)" par les japonistes (ex: jom-u 'lire' > jon-da 'avoir lu'). Cependant, le japonais standard n'est pas la seule langue de sa famille à subir le onbin, qui a touché en réalité d'autres sous-branches japoniques comme les langues ryukyu, dans des conditions variables et produisant parfois des effets différents dans les différents systèmes phonologiques.
Dans cette présentation, j'ai pour optique de contribuer à compléter la caractérisation et l'analyse du onbin, déjà relativement fournie en japonais standard, en mettant ce dernier cas en perspective avec deux autres langues du domaine japonique: nommément l'okinawaïen et le tarama. A travers cette analyse comparative, nous serons amenés à adopter pour les mores issues du onbin une modélisation lexicale à deux positions, dont l'interprétation comme segment unique est dû à la lénition de l'une d'entre elle. Par ailleurs, les résultats d'analyse distributionnelle nous amèneront à admettre l'influence de l'environnement phonologique, et notamment de la mélodie des voyelles environnantes, qui vont opérer sur les noyaux réduits un effet bien documenté au sein des approches de Phonologie de Gouvernement: le gouvernement propre ou inter-nucléique (Charette 1990; Kaye, Lowenstamm, Vergnaud 1990; Scheer 2004)
Pas d'interprétation en LSF